Téléphone au volant : 3 points, 135 € et jusqu’à 6 mois de suspension

Utiliser son téléphone au volant entraîne 3 points retirés et une amende forfaitaire de 135 €. La sanction peut devenir plus lourde si l’usage du téléphone s’accompagne d’une autre infraction routière : le permis peut alors être retenu immédiatement, puis suspendu jusqu’à 6 mois.

La sanction de base : 3 points et une contravention de 4e classe

L’usage d’un téléphone tenu en main pendant la conduite est interdit par l’article R412-6-1 du Code de la route. Il ne s’agit pas seulement de téléphoner : lire un message, écrire un SMS, consulter une application ou garder l’appareil à la main suffit à caractériser l’infraction si vous êtes au volant. La règle est simple : dès que le téléphone détourne votre attention ou occupe votre main, vous vous exposez à une sanction.

Sanctions pour l’usage du téléphone au volant : ce que dit la loi — Découvrez les risques encourus, dont l’amende et la suspension de permis, en cas d’utilisation du téléphone au volant.

Sanction Montant ou conséquence
Retrait de points 3 points retirés sur le permis
Amende forfaitaire 135 €
Amende minorée 90 € si paiement dans les délais prévus
Amende majorée 375 € en cas de retard de paiement
Amende maximale 750 €

Le retrait de points n’est pas immédiat au moment du contrôle

Lors d’un contrôle, les forces de l’ordre peuvent verbaliser sur place ou relever l’infraction sans interception selon les circonstances. Le retrait de points intervient ensuite sur le plan administratif, après paiement de l’amende ou émission du titre exécutoire en cas d’amende majorée. En pratique, payer revient à reconnaître l’infraction et déclenche la procédure de retrait.

Pour un conducteur confirmé, perdre 3 points n’entraîne pas forcément une invalidation du permis. Pour un jeune conducteur en période probatoire, la marge est bien plus réduite. Une seule verbalisation pour téléphone au volant peut peser lourd dans le solde disponible, surtout si d’autres infractions ont déjà été commises. La vigilance doit donc être maximale dès le premier jour de conduite.

Quand le téléphone au volant peut mener à une suspension du permis

Depuis le 22 mai 2020, l’usage du téléphone au volant peut entraîner une mesure plus sévère lorsqu’il est associé à une autre infraction routière. On parle alors d’infraction concomitante : le téléphone n’est plus isolé, il s’ajoute à un comportement déjà dangereux.

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Les infractions concomitantes qui aggravent la situation

La suspension peut être envisagée si, en plus du téléphone, le conducteur commet une autre infraction au Code de la route. Les cas typiques concernent par exemple un excès de vitesse, le non-respect d’un stop, le franchissement d’une ligne continue, une priorité refusée, une distance de sécurité insuffisante ou une conduite sur une voie interdite. Le cumul de ces comportements change immédiatement la lecture de la situation.

Dans ce cas, les forces de l’ordre peuvent procéder à une rétention immédiate du permis. Le préfet peut ensuite prononcer une suspension administrative, dont la durée peut aller jusqu’à 6 mois. Cette mesure est distincte de l’amende et du retrait de points : elle empêche concrètement de conduire pendant la période décidée.

Un exemple concret pour comprendre

Un conducteur qui tient son téléphone à la main dans un embouteillage risque déjà 3 points et 135 €. Mais s’il consulte son téléphone en roulant et franchit en même temps un feu rouge, la situation change de nature. Le cumul d’infractions peut justifier une rétention puis une suspension du permis. Le geste est le même, mais ses conséquences ne le sont pas.

Le permis ne se résume pas à une seule sanction. Il y a d’abord la réponse automatique, points et amende. Il y a ensuite le contexte de conduite, avec la vitesse, la priorité, la trajectoire et la signalisation. Il y a enfin l’impact concret sur la vie quotidienne, avec les trajets domicile-travail, les enfants à accompagner ou l’usage d’un véhicule professionnel. Deux conducteurs verbalisés pour le même geste peuvent donc subir un effet très différent selon leur situation.

Ce qui est interdit, toléré ou autorisé avec un téléphone en voiture

La règle ne vise pas uniquement l’appel classique. Le critère essentiel reste l’usage d’un appareil susceptible de détourner l’attention ou de mobiliser la main du conducteur. La frontière entre autorisé et interdit dépend donc moins de l’objet lui-même que de la manière dont il est utilisé. C’est ce point qui crée le plus de confusions.

Téléphone en main, oreillettes et écouteurs : attention à la confusion

Tenir son téléphone en main en conduisant est interdit. Les oreillettes et écouteurs le sont aussi depuis 2015, y compris lorsqu’ils servent à passer un appel. Beaucoup d’automobilistes pensent encore qu’une oreillette unique reste acceptable. Ce n’est pas le cas. Le Code de la route interdit le port à l’oreille de tout dispositif susceptible d’émettre du son, sauf exceptions spécifiques liées notamment aux appareils correcteurs de surdité.

L’arrêt au feu rouge ou dans un bouchon ne rend pas automatiquement l’usage du téléphone prudent ni sans risque juridique. Tant que vous êtes en situation de conduite, l’utilisation peut être relevée. Pour manipuler son téléphone sans s’exposer à une verbalisation, le plus sûr reste de stationner dans un endroit autorisé, avec un véhicule immobilisé hors de la circulation.

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Bluetooth intégré et commande vocale : les alternatives les moins risquées

Les systèmes intégrés au véhicule, comme le Bluetooth de bord ou la commande vocale, sont admis dès lors qu’ils ne nécessitent pas de tenir le téléphone en main ni de porter un dispositif interdit à l’oreille. Ils ne dispensent pas pour autant de rester maître de son véhicule. Un appel long, émotionnel ou professionnel peut suffire à détourner l’attention, même sans infraction apparente.

Pour limiter le risque, quelques réflexes simples aident à éviter la sanction. Avant de partir, préparez votre itinéraire, activez le mode conduite ou le mode ne pas déranger, puis rangez le téléphone hors de portée de main. Si une urgence survient, mieux vaut demander à un passager de gérer l’échange ou s’arrêter sur une place autorisée avant de répondre.

  • Préparez votre itinéraire avant de démarrer.
  • Activez le mode conduite ou le mode ne pas déranger.
  • Placez le téléphone hors de portée de main si vous êtes tenté de le consulter.
  • Demandez à un passager de gérer les appels ou messages urgents.
  • Arrêtez-vous sur une place autorisée avant de répondre à une sollicitation importante.

Évolutions récentes : pourquoi les sanctions se durcissent

Le durcissement des règles s’explique par la dangerosité de l’inattention au volant. Le téléphone ne détourne pas seulement le regard. Il mobilise aussi la main, l’écoute et une partie de la décision. Cette combinaison suffit à expliquer pourquoi les pouvoirs publics ont renforcé les conséquences en cas de cumul avec une autre infraction.

Le volume des sanctions montre aussi l’ampleur du phénomène : 1 million de points ont été retirés pour téléphone au volant en 2018. Ce chiffre montre que l’infraction n’est pas marginale et concerne tous les profils de conducteurs, pas seulement les jeunes ou les professionnels très connectés.

L’expérimentation de suspension administrative dans certains départements

Depuis juillet 2025, une expérimentation de suspension administrative renforcée est mentionnée dans certains départements, notamment les Landes et le Lot-et-Garonne. L’objectif est d’évaluer l’effet d’une réponse plus rapide face à des comportements jugés particulièrement dangereux. Cette évolution ne modifie pas la sanction de base nationale, qui reste le retrait de 3 points et l’amende forfaitaire de 135 €, mais elle confirme une tendance nette : le téléphone au volant est traité comme un facteur sérieux d’accident, surtout lorsqu’il accompagne d’autres manquements.

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Que faire après une verbalisation pour téléphone au volant ?

La première chose à faire est de lire attentivement l’avis de contravention : date, lieu, nature de l’infraction, immatriculation, identité du conducteur si elle est mentionnée. Une erreur matérielle ne suffit pas toujours à faire annuler la procédure, mais elle peut devenir utile si elle affecte la réalité de l’infraction ou votre identification. Vérifiez aussi les délais de paiement et les modalités de contestation indiqués sur l’avis.

Payer ou contester : une décision à ne pas prendre trop vite

Si vous payez l’amende, vous mettez fin à la procédure de contestation et le retrait de points suivra. Si vous estimez que l’infraction n’est pas établie, vous pouvez contester dans les formes prévues sur l’avis. Il faut alors expliquer précisément les motifs : vous ne conduisiez pas, le véhicule était stationné hors circulation, l’appareil n’était pas tenu en main ou la situation relevée ne correspond pas à l’infraction reprochée.

La contestation doit rester factuelle. Une simple affirmation du type « je n’étais pas au téléphone » a peu de poids si elle n’est accompagnée d’aucun élément. À l’inverse, un justificatif, une chronologie cohérente, un témoignage ou une preuve de stationnement peuvent aider à clarifier la situation. En cas de risque de suspension, de permis probatoire fragile ou de besoin professionnel impératif de conduire, consulter un avocat en droit routier peut être pertinent avant toute démarche irréversible.

Récupérer ses points et éviter la récidive

Après un retrait de 3 points, la récupération dépend de votre situation et de l’absence de nouvelle infraction pendant la période requise. Un stage de sensibilisation à la sécurité routière peut aussi permettre de récupérer des points dans certaines limites. Ce n’est pas seulement une démarche administrative : c’est aussi un moyen de prendre la mesure de quelques secondes d’inattention.

La meilleure stratégie reste préventive : téléphone rangé, notifications coupées, GPS paramétré avant le départ. Face à une sanction qui combine amende, perte de points et possible suspension, aucun message ne mérite de mettre en jeu votre permis.

Jean-Baptiste Flamentin

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